«CHEYENNE» «Elle a 24 ans. Elle n'est plus toute jeune et n'a plus ses molaires. Elle ne peut pas mastiquer comme il faut», plaide sa maîtresse. Photo © Salvatore Di Nolfi



 
 
   


 

«Cheyenne» est beaucoup trop maigre»
INQUIÉTUDE Un poney au centre d'une nouvelle polémique. Dans la commune de Presinge, certains habitants se demandent si l'équidé n'est pas maltraité. La propriétaire réfute les accusations
FABIANO CITRONI
05 septembre 2005
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A Presinge, petite commune de la campagne genevoise, «Cheyenne» est au centre de nombreuses discussions. «Il est inadmissible de laisser un poney dans un tel état, s'emporte un habitant. Regardez comme il est maigre. S'il ne peut plus se nourrir, il faut le soigner ou le piquer.»

Il y a trois semaines, cet habitant a signalé le cas de «Cheyenne» à l'Office du vétérinaire cantonal. Patronne de l'office, Astrid Rod le confirme: «Deux jours après le coup de fil de ce monsieur, une de nos vétérinaires s'est rendue sur place. «Cheyenne» présentait un état de maigreur prononcé et une crinière mal entretenue. Quant à «Idée», un cheval noir appartenant au même propriétaire, il avait de multiples verrues au niveau des ars, un épaississement de la peau sous le ventre et une croûte sous l'oeil gauche», explique Astrid Rod.

La vétérinaire cantonale a donc envoyé un courrier à Evelyne (prénom d'emprunt), la propriétaire. «C'était un avertissement. Nous lui avons demandé de nous donner le nom du vétérinaire s'occupant des chevaux en question. Mais Evelyne ne nous a toujours pas répondu. On peut se demander si elle ne se moque pas de nous», affirme Astrid Rod.

Propriétaire très surprise

Mise en cause, Evelyne tombe des nues: «Tout d'abord, je n'ai jamais reçu de courrier! Ensuite, «Cheyenne» a 24 ans. Elle n'est plus toute jeune et n'a plus ses molaires. Elle ne peut pas mastiquer comme il faut. Alors, je lui bous ses céréales. Vous savez, «Idée» et «Cheyenne» ne sont pas des chevaux Chanel qui vivent toute l'année dans un box et qui sont parfaitement entretenus. Ils ont besoin de relations sociales et c'est à l'extérieur qu'ils les trouvent. D'autre part, je possède deux autres chevaux. On ne m'a jamais rien dit sur eux», confie Evelyne.

Alors, qui dit vrai? Pour être fixée sur l'origine de la maigreur de «Cheyenne», Astrid Rod se rendra à Presinge cette semaine. Puis elle pourrait demander un rapport sanitaire à un vétérinaire équin. «Selon ses conclusions, le cheval pourrait être séquestré, piqué ou vendu», précise Astrid Rod.

«Faire piquer «Cheyenne»? J'y songe chaque hiver, répond Evelyne. Mais je tiens à mon poney. Reste que je serai expulsée de mon logement à la fin du mois. Alors, si des privés veulent mes chevaux en échange de bons soins, j'attends leurs propositions.»