|
A Presinge, petite commune de la campagne genevoise, «Cheyenne» est
au centre de nombreuses discussions. «Il est inadmissible de laisser un
poney dans un tel état, s'emporte un habitant. Regardez comme il est
maigre. S'il ne peut plus se nourrir, il faut le soigner ou le piquer.»
Il y a trois semaines, cet habitant a signalé le cas de «Cheyenne» à
l'Office du vétérinaire cantonal. Patronne de l'office, Astrid Rod le
confirme: «Deux jours après le coup de fil de ce monsieur, une de nos
vétérinaires s'est rendue sur place. «Cheyenne» présentait un état de
maigreur prononcé et une crinière mal entretenue. Quant à «Idée», un
cheval noir appartenant au même propriétaire, il avait de multiples
verrues au niveau des ars, un épaississement de la peau sous le ventre
et une croûte sous l'oeil gauche», explique Astrid Rod.
La vétérinaire cantonale a donc envoyé un courrier à Evelyne (prénom
d'emprunt), la propriétaire. «C'était un avertissement. Nous lui avons
demandé de nous donner le nom du vétérinaire s'occupant des chevaux en
question. Mais Evelyne ne nous a toujours pas répondu. On peut se
demander si elle ne se moque pas de nous», affirme Astrid Rod.
Propriétaire très surprise
Mise en cause, Evelyne tombe des nues: «Tout d'abord, je n'ai jamais
reçu de courrier! Ensuite, «Cheyenne» a 24 ans. Elle n'est plus toute
jeune et n'a plus ses molaires. Elle ne peut pas mastiquer comme il
faut. Alors, je lui bous ses céréales. Vous savez, «Idée» et «Cheyenne»
ne sont pas des chevaux Chanel qui vivent toute l'année dans un box et
qui sont parfaitement entretenus. Ils ont besoin de relations sociales
et c'est à l'extérieur qu'ils les trouvent. D'autre part, je possède
deux autres chevaux. On ne m'a jamais rien dit sur eux», confie Evelyne.
Alors, qui dit vrai? Pour être fixée sur l'origine de la maigreur de
«Cheyenne», Astrid Rod se rendra à Presinge cette semaine. Puis elle
pourrait demander un rapport sanitaire à un vétérinaire équin. «Selon
ses conclusions, le cheval pourrait être séquestré, piqué ou vendu»,
précise Astrid Rod.
«Faire piquer «Cheyenne»? J'y songe chaque hiver, répond Evelyne. Mais
je tiens à mon poney. Reste que je serai expulsée de mon logement à la
fin du mois. Alors, si des privés veulent mes chevaux en échange de bons
soins, j'attends leurs propositions.» |