|
GENÈVE Les chevaux maltraités ou retraités, c'est le quotidien d'Anouk
Thibaud-Millet. Hier, la présidente du Refuge de Darwyn a fait
connaissance avec ses nouveaux locataires: «Idée» et, surtout,
«Cheyenne», dont l'état de maigreur prononcé avait suscité l'inquiétude
de certains habitants de Presinge. «Cette ponette est vraiment maigre,
mais elle a le moral et l'oeil qui pétille, confie Anouk. Je ne pense
pas qu'il faudra l'euthanasier.»
Cette nouvelle fera sûrement plaisir à Evelyne (prénom d'emprunt),
l'ancienne propriétaire des deux équidés. Car c'est à contrecoeur
qu'elle s'est séparée d'eux. Anouk ne tient pas à entrer dans la
polémique. «Je ne sais pas s'il y a eu maltraitance ou non. Vous savez,
on peut porter un grand amour à son cheval, mais ça ne suffit pas. Et
puis certaines personnes veulent trop en faire pour leur animal, mais ne
font pas ce qu'il faut. Ce qui est sûr, c'est qu'Evelyne était attachée
à ses chevaux», affirme-t-elle.
A Sézenove, «Cheyenne» et «Idée» ne seront pas seuls: une vingtaine
d'autres chevaux sont soignés au refuge. «Dans un premier temps, ils
seront isolés. Car si on les met dans le pré avec les autres
pensionnaires, c'est la baston assurée. Certains chevaux voudraient
imposer leur loi», rigole Anouk.
Ces prochains jours, un vétérinaire rendra visite aux nouveaux venus.
«Il faudra notamment voir si la ponette a des problèmes de coeur ou de
poumon. Le véto regardera aussi l'état de ses dents», poursuit Anouk.
Cette dernière se montre confiante: «Cheyenne» n'est pas amorphe; elle
mange avec appétit. Elle s'en sortira. Quant à «Idée», il se porte bien.
Si nous le plaçons dans une famille, ce sera à Genève. Ainsi, Evelyne
pourra le voir quand elle le souhaite.»
Anouk abat un travail admirable au Refuge de Darwyn, le seul endroit en
Suisse romande où l'on s'occupe des chevaux retraités ou maltraités.
Pour mener à bien sa mission, cette passionnée de chevaux tourne avec
les cotisations et les dons. Qui veut faire un geste pour le refuge? |